Pourquoi un tel voyage?

Difficile de répondre à cette question de façon exhaustive.. Le sait-on vraiment… C’est au fond de nous…

Pourtant, c’est sans doute la question qui va revenir le plus souvent alors essayons de donner quelques pistes…

  • ELLE:

Il y a d’abord cet attrait pour les voyages. J’ai eu la chance de pouvoir voyager très jeune, à une époque où c’était encore assez confidentiel. Ces expériences m’ont construites et je sais combien elles peuvent nous enrichir. Voici un extrait d’un Géo qui m’a marqué:

« Et puis avec la multiplication des images de voyage, quelle part reste-t-il pour le rêve? La mondialisation est virtuelle. On croit que l’on sait, que l’on connaît. Mais en réalité, rien en remplacera jamais l’expérience personnelle, l’authenticité du ressenti ».

Ensuite, il y a aussi ce sentiment de « manque de sens ». Même si j’adore mon métier, mes collègues, mon entreprise, que je suis consciente d’être privilégiée, une certaine routine s’est installée. Fatigue et lassitude sont parfois de la partie. Ces frustrations sont normales mais me tiennent parfois trop à coeur. Prendre un peu de recul me fera le plus grand bien et redonnera un coup de boost! J’espère aussi en revenir plus sûre de moi, plus forte.

Nous sommes dans un monde qui bouge trop vite, où ce qui est important un jour devient inutile le lendemain, une information en chasse toujours une autre. Un monde où l’éphémère remplace le durable, où l’individualisme a remplacé la solidarité, où les richesses matérielles sont plus importantes que les richesses intérieures.

J’ai envie que ma fille voit autre chose, qu’elle prenne conscience de toutes les richesses que comporte notre monde, qu’elle comprenne qu’elle est privilégiée mais que l’accumulation de biens ne la rendra pas plus heureuse pour autant.

J’ai aussi envie de lui montrer qu’il y a du positif ailleurs! Un peu partout, des initiatives pour plus de solidarité et d’écologie se développent. Mais dans la presse ou à la TV, ce sont les mauvaises nouvelles qui s’enchaînent; une ambiance morose et défaitiste alors que nous avons énormément de chance et de capacités à faire bouger les choses.

Ce voyage est surtout l’occasion unique de pouvoir passer plus de temps en famille. De ralentir aussi… de prendre le temps… 

L’idée de ce voyage a germé il y a un peu plus de 4 ans. J’étais clouée au lit après une maladie qui m’a fait perdre l’équilibre. Entre les examens, les angoisses de ne plus pouvoir vivre normalement, les séances de réeducation,  j’ai pris conscience que la vie pouvait basculer du jour au lendemain.

En 2015, le décès soudain de ma mère m’a profondément boulversé. Même si j’ai repris rapidement le cours de ma vie, une certaine tristesse m’a envahi, une prise de conscience. Cette tristesse s’est peu à peu transformée en force. La force d’agir et le courage de m’engager.

Ma mère, mes tantes et mes grands-parents ont eu une enfance « extra-ordinaire », loin de la France métropolitaine, à une époque où pour rejoindre Tahiti, il fallait des semaines de bateau. Ma mère a su nous transmettre le goût des voyages et le goût des autres. Je sais qu’elle serait très fière (mais aussi particulièrement inquiète!) de nous voir réaliser ce projet. Certaines de nos étapes seront l’occasion de nous plonger dans l’ environnement de sa jeunesse.

Quelques mois après son décès, j’ai pris mon courage à 2 mains et j’ai commencé à parler de ce projet à quelques amies et puis à mon mari. J’avais tellement peur que ce voyage le rebute… Mais, à ma grande surprise, il a été partant. Je lui suis très reconnaissante d’avoir su comprendre mon besoin et avoir décider de m’accompagner, lui qui aime pourtant son petit confort et sa routine!

Et voilà, l’aventure commençait!

  • LUI:

Pourquoi un tel projet ? Difficile de répondre à cette question surtout lorsque l’on n’en est pas à l’origine. C’est avant tout l’idée de ma femme car derrière toute grande idée il y a souvent une femme.  Je n’ai pas toujours su montrer à Sophie à quel point je l’admire (ou alors très maladroitement) mais j’ai toujours su que pour elle (et Elisa) s’il le fallait j’irai au bout du monde ; ce projet me permet donc de passer de la parole aux actes.

Au-delà des raisons qui justifient un tel voyage, il y a la prise de décision, une forme de passage à l’acte qui n’est pas sans facile. Forcément il y a infiniment plus d’arguments qui nous poussent à rester dans notre zone de confort plutôt que de se lancer dans une aventure familiale :

  • le travail tout d’abord, mais sur ce point il y a bien longtemps que je suis persuadé que personne n’est irremplaçable et puis mon emploi me permet de m’offrir le luxe de m’absenter 6 mois alors il n’y avait pas à hésiter
  • l’école ensuite, car forcément, sortir son enfant du système scolaire ne serait-ce que pour quelques mois génère certaines angoisses : celle d’échouer dans l’apprentissage (cela donnera à Elisa une excuse imparable en cas d’échec scolaire, à quelque chose malheur est bon) mais aussi celle d’avoir des pensées infanticides lors du voyage (j’ai bien dit des pensées monsieur le juge) quand  Elisa ne manquera pas de me faire remarquer que la maîtresse enseigne bien mieux que moi ou que mes explications sont incompréhensibles. Ah, je crois que j’ai omis de préciser que l’instruction d’Elisa sera de ma responsabilité … et non je n’ai pas perdu à pile ou face, c’est comme ça et c’est tout : cela a été voté à l’unanimité de notre couple moins une voix ! pour une fois que je gagne je ne vais pas bouder mon bonheur …
  • l’inconnu enfin puisque dans la majorité des pays traversés, la culture, les traditions et surtout la langue nous seront étrangers.

Mais ce projet c’est surtout une formidable opportunité de retrouver notre capacité d’émerveillement, de casser la routine, d’affronter nos appréhensions quelles soient légitimes ou infondées, de retrouver l’envie de découvrir, de partager des moments de bonheur ou des galères (qui ne manqueront pas) et de transmettre de vraies valeurs à notre fille loin des considérations égoïstes et narcissiques qui prévalent souvent dans nos sociétés modernes.

S’il fallait apporter une réponse définitive à la question d’ouverture je pense que ce qui résume le mieux mon état d’esprit à l’approche de ce voyage c’est une citation de Marcel Proust dénichée dans un papier de papillote (décidément la culture se cache partout) :

 Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est.

  • Mini-ELLE et LUI:

Je ne sais pas si j’ai envie ou pas. Mais j’ai envie de voir de nouveaux pays, de nouveaux monuments et manger de nouvelles choses. Mais j’ai peur qu’il y ait des serpents, des araignées et des animaux dégoûtants et venimeux.

 

 

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